top of page

Forum RIDEAU : penser l’IA à partir des usages culturels

  • Photo du rédacteur: Mickaël Spinnhirny
    Mickaël Spinnhirny
  • 22 janv.
  • 3 min de lecture

Dans le cadre du Forum de l’événement RIDEAU, la conférence L'IA en action : applications concrètes pour le secteur culturel sera présentée le lundi 16 février, à 10h15 puis à 11h30. Elle sera animée par Evelyne Boudreau et Mickaël Spinnhirny, tous deux engagés depuis plusieurs années dans l’accompagnement stratégique, artistique et organisationnel des acteurs culturels face aux mutations numériques. Deux plages horaires pour une même invitation : partir du réel, du terrain, des usages actuels de l’IA, pour prendre ensuite un pas de recul et se demander ce que cette technologie fait réellement à nos pratiques, à nos métiers, à nos façons de décider et de créer.



L’intelligence artificielle est partout. Dans les médias, dans les discours politiques, dans les promesses marketing, dans nos téléphones, dans nos boîtes courriel. Elle fascine autant qu’elle inquiète. Mais entre les récits spectaculaires et les peurs bien légitimes, une question demeure, simple et redoutable à la fois : concrètement, que peut faire l’intelligence artificielle aujourd’hui pour le travailleur culturel, et que ne peut-elle pas encore faire ?


Car derrière le mot « intelligence », il y a une confusion tenace. L’IA ne comprend pas le monde, elle le calcule. Elle ne crée pas à partir d’un désir, mais à partir de données. C’est précisément pour cette raison qu’il devient essentiel de partir d’usages réels, d’exemples concrets, de situations vécues dans les organisations culturelles, afin de ne pas projeter sur l’outil plus qu’il ne peut réellement offrir.


Dans un secteur culturel déjà fragilisé par des contraintes économiques, humaines et structurelles, la tentation est grande de chercher des solutions rapides. Automatiser. Accélérer. Optimiser. Gagner du temps. Mais à partir de quand ces usages soutiennent-ils réellement le travail des équipes ? Et à partir de quand risquent-ils plutôt d’aplatir la pensée, d’uniformiser les discours ou de déplacer des responsabilités humaines vers des outils qui ne les assumeront jamais ?


L’IA est déjà là, souvent utilisée de manière intuitive, individuelle, parfois bricolée. La vraie question n’est donc pas son adoption, mais son pilotage. Qui décide de ses usages ? Sur quelles bases ? Avec quels garde-fous ? Une appropriation collective, ancrée dans des cas concrets et des besoins réels, permet d’éviter que l’IA devienne un simple cache-misère technologique venant masquer des enjeux de gouvernance, de vision ou de dialogue interne.


Utilisée avec lucidité, l’IA peut devenir un véritable outil d’aide à la décision, de clarification, de structuration et de projection. Elle peut soutenir la médiation, le développement des publics, la communication, la planification ou la rédaction. Mais elle ne remplacera jamais le jugement, la responsabilité ni le risque créatif. Elle n’est pas là pour penser à notre place, mais pour nous aider à mieux penser ce que nous faisons.


C’est peut-être là que se situe l’enjeu central : apprendre à travailler à partir d’outils puissants sans leur abandonner notre discernement. Ne pas confondre assistance et délégation totale. Ne pas confondre vitesse et profondeur. Ne pas confondre efficacité et pertinence.

La conférence proposée par RIDEAU ne promet pas de solutions miracles ni de révélations réservées aux initié·es. Elle s’ancre volontairement dans des usages concrets et accessibles, non pas pour impressionner par la technicité, mais pour ouvrir un espace de réflexion commun, lucide et critique, sur ce que l’intelligence artificielle est en train de transformer dans le secteur culturel. Parce qu’au fond, l’IA n’est peut-être pas le véritable sujet. Le vrai enjeu, c’est ce que notre milieu choisit d’en faire collectivement : comment s’outiller sans se déresponsabiliser, comment partager un socle commun de compréhension, comment faire émerger une pensée qui nous ressemble. Et ça, aucune machine ne le fera à notre place.




 
 
bottom of page